J.N.PONSIN

J.N. PONSIN
Voici quelqu’un de bien intrigant dans l’histoire de la littérature magique et une bizarrerie bibliographique comme vous le constaterez ci-dessous. En réalité il ne s’appelait pas Jean Nicolas mais Charles-Edouard Ponsin. Il naquit à Reims le 19 mars 1801 et par la suite il finit par enseigner le dessin au Lycée de sa ville natale après un séjour au Lycée de Quimper (Tiens ! Tiens !) lycée dans lequel il enseigna la même matière.
Simple magicien amateur, c’est au début de sa vingtième année qu’il devint un fervent adepte des tours de cartes. Il se lia d’amitié avec le célèbre Decremps et prit des cours de magie auprès de Comus, le deuxième du nom. Il s’instruisit dans notre art auprès de bien d’autres magiciens parmi lesquels nous trouvons Théodore Massey.
Son œuvre majeure est bien évidemment le classique : « Nouvelle Magie blanche dévoilée » qui parut en deux volumes en 1853 et 1854. Cette Nouvelle Magie blanche connut une réimpression en un seul volume en 1858 sous le titre de « La Sorcellerie ancienne et moderne expliquée ». S.H. Sharpe traduisit ce dernier ouvrage en langue anglaise en 1937, sous le titre de « Ponsin on Conjuring ». Ce livre comprenait seulement 176 pp et fut réédité en 1987.
Maintenant deux choses m’intriguent fort. Pourquoi ce professeur de dessin fait-il paraître un ouvrage décrivant des tours de magie sans y inclure un seul dessin ?
Et pour quelle raison mon exemplaire de l’édition de 1864, sur un très beau papier à la cuve, parue à Paris aux Bureaux de la Revue de l’Empire, au 16 de la rue Hautefeuille, n’est-elle mentionnée dans aucune bibliographie ? Robelly ne la connaissait pas car je possède son exemplaire personnel de la bibliographie de Théodore Ruegg, avec un magnifique envoi autographe de ce dernier, et il y avait ajouté quantité de notes sur de nombreux ouvrages tant classiques qu’inconnus jusqu’alors.
Mon regretté ami Christian Fechner dans sa Bibliographie de la Prestidigitation française et des Arts annexes, aux éditions F.C.F. à Boulogne en 1994 et distribué par Georges Proust, Académie de magie, 11, rue Saint Paul à Paris, ne mentionne que les éditions suivantes :
1) NOUVELLE MAGIE BLANCHE DEVOILEE, PHYSIQUE OCCULTE ET COURS COMPLET DE PRESTIDIGITATION.2 volumes. Reims – A.Huet/ Paris – Delahays, 1853 – 1854, 312 + 308pp. 22,(X 14,3 cm.
2) Réimpression de l’édition de Reims, Paris 1854, première série et deuxième série : Genève SLATKINE, 1980/1981, 312pp et 314pp, 22 X 15 cm.
3) LA SORCELLERIE EXPLIQUEE ANCIENNE ET MODERNE OU COURS COMPLET DE PRESTIDIGITATION. Deuxième édition. Paris, Librairie Encyclopédique de RORET, 1858, 428pp, 16 x10, 4 cm.
4) Réimpression de l’édition de Reims. Paris, deuxième série, Genève/Paris, Editions SLATKINE, 1980, 314pp, 22 X 15 cm.
5) SUPPLEMENT A LA SORCELLERIE ANCIENNE ET MODERNE EXPLIQUEE OU COURS COMPLET DE PRESTIDIGITATION. Manuels RORET. Paris. Librairie Encyclopédique de Roret, 1859, 70pp, numérotées de 430 à 500 +38pp, 15,3 cm X 9,8.
Mon édition comprend 312 pp numérotées.
J’apprécie beaucoup la mention de la couverture, reprise en page de titre :
« L’homme est heureux quand il s’amuse,
Et quelques fois quand on l’abuse.»
Mais examinons attentivement cette page de titre, elle est différente de la couverture. Nous retrouvons :
Nouvelle
MAGIE BLANCHE
DEVOILEE
Physique Occulte
Vous remarquerez que le « et » a disparu entre physique et occulte et que les caractères typographiques ont changé.
Ici nous trouvons aussi des mentions d’éditeurs très intéressantes :

REIMS,
CHEZ A. HUET, RUE DE L’ARBALETE, 22
ET CHEZ BRISSART-BINET, RUE DU CADRAN-SAINT –PIERRE, 4
PARIS,
CHEZ ADOLPHE DELAHAYS, RUE VOLTAIRE, 5 ET 6.

IL n’y a cependant aucune date d’édition. En passant, vous remarquerez l’ex-libris manuscrit A. Bailly, Maréchal des Logis.
Une troisième chose m’intrigue encore plus. A la fin de l’ouvrage, à la page 312, après la Fin de la Table des Matières je trouve une mention d’imprimeur : Reims. —IMP. DE A. HUET, RUE DE L’ARBALETE, 22.
A la page suivante, non paginée, tenez-vous bien, nous trouvons ceci :
Les exemplaires non revêtus de la signature de l’auteur seront réputés contrefaits, et tout contrefacteur ou débitant de contrefaçons de cet ouvrage, sera poursuivi suivant la rigueur des lois.
Je n’y ai trouvé nulle part la signature de J.N. Ponsin…
Revenons au début du livre. En frontispice je trouve la mention suivante : PARIS, Imprimerie de L. TINTERLIN et Ce, 3, rue Neuve-des-Bons-Enfants. S’agit-il là du contrefacteur ?


© Décembre 2011.Dany Trick

Cette entrée a été publiée dans Blog. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>